3 Août 1914. C’est la guerre. André Schnellbach a 22 ans. Engagé au 39e Régiment d’Infanterie depuis le mois de mars 1913, il ne se doute pas que les quatre années qui vont suivre seront faites d’acier, de sang, de boue et de souffrances. Tous les jours, André fait la guerre. Et tous les jours, il écrit à sa mère. Une correspondance de plus de 1300 lettres, écrites entre le 8 août 1914 et le 7 octobre 1919. Il photographie également : 1200 négatifs sur plaques de verre ! La guerre terminée, il en fait un album. Un album retrouvé par hasard près de 80 ans plus tard, par son petit-fils, à la faveur de simples travaux d’aménagement dans le grenier de la maison familiale. Le témoignage d’André Schnellbach est unique. Il mérite toute notre attention. Car cette histoire n’est pas seulement celle de la guerre, c’est aussi celle de l’amour naissant entre André et Yvonne, qui deviendra sa femme.

La bataille absente, la guerre omniprésente

C’est la première rencontre avec André. Normand et fils d’Alsacien, André part reconquérir la
« petite patrie » de son père. Très vite, il rencontre la réalité de la guerre. Il compose alors un
double récit : une correspondance écrite à sa mère où il raconte les horreurs dont il est le
témoin et la victime ; et une importante série photographique où il choisit plutôt de raconter
le quotidien et la camaraderie. Contrairement a ce qu’il écrit dans son courrier, André
choisit donc de tourner son regard sur les preuves de vie, comme pour nous crier : « je suis
vivant et entier ! »